Les Droits de l'Enfant ont 25 ans et ...à Mayotte?

Publié le 20 Novembre 2014

            Aujourd'hui, 20 novembre 2014, c'est le 25e anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE), adoptée à l'unanimité de l'AG d'automne de l'ONU le 20 novembre 1989 et ratifiée par tous les états du monde sauf la Somalie et les USA. 

La France a été le 2e état à avoir ratifié la CIDE (7 août 1990). Et pourtant, elle est régulièrement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme et pointée du doigt par le Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU, notamment pour la situation des enfants à Mayotte, département d’Outre-Mer depuis 2011.

 

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Enfants de Combani, DR: Christine Louis DUBBERT. OCCE Mayotte. 


Dans ce territoire français, où 60% de la population a moins de 25 ans, les règlements nationaux ne s’appliquent pas comme en métropole.

Article 28 de la CIDE : " Les états parties reconnaissent le droit à l'enfant à l'éducation ... sur la base de l'égalité des chances. Ils rendent l'enseignement primaire obligatoire et gratuit pour Tous... et prennent des mesures appropriées : instauration de la gratuité et offre d'aide financière appropriée en cas de besoin."

Alors que la législation française est claire et précise concernant la scolarisation obligatoire de TOUT mineur âgé de 6 à 16 ans, même étranger, force est de constater que ce sont pas moins de 30 % de ce que l’on appelle « mineurs isolés étrangers » qui sont déscolarisés, et bien souvent au titre de la lutte pour leur propre survie. Car, d’autre part, de nombreuses dérogations aux lois concernant les droits des étrangers et le droit d’asile des étrangers sont aussi à observer : absence de procédures concernant le regroupement familial, reconduites régulières aux frontières d’enfants clandestins alors même qu’ils sont scolarisés, inscriptions scolaires de ces mêmes clandestins rendus bien moins accessibles… la liste est longue.

Voir le court métrage:  "Les enjeux de l'éducation à Mayotte" : le Droit à l'éducation 

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DR: Solidarité Laïque. 

 D’un côté plus « matériel », de nouveau, les entraves à une éducation pour Tous de qualité sont nombreuses. Les mahorais étudient parfois au risque de leur propre sécurité tant la vétusté de certains bâtiments est avancée dans certaines communes, ailleurs il n'y a que très peu de matériel didactique. Si l'école publique est gratuite pour tous, des coûts comme la cantine ou plutot le systèlme des collations à Mayotte sont un poids dans le budget des familles, voire une entrave à la scolarisation. 

Voir le court métrage:  "Les enjeux de l'éducation à Mayotte" : Apprendre … dans quelles conditions ?

De même le droit aux loisirs est entravé par peu de structures ou d’activités mises à disposition de la jeunesse mahoraise : pas de cinéma, de bibliothèque… et peu de moyens pour les associations de jeunesse ou d’éducation populaire.

 

Retrouvez la Tribune du Président de Solidarité Laïque pour cette journée internationale. 


Le collectif AEDE, Agir Ensemble pour les Droits de l’Enfant (50 organisations dont Solidarité Laïque et de nombreuses organisations membres) élabore en ce moment un rapport alternatif à celui de la France sur l’application de la Convention qui sera remis aux autorités compétentes, Mayotte y est abordée.

Le 10 décembre 2014, une journée présentera ce rapport "Voyage au coeur des droits de l'enfant". S'inscrire, en savoir plus

 

              La France défini par le terme « mineur isolé étranger », tout mineur âgé de moins de 18 ans se trouvant en dehors de son pays d’origine et étant non accompagnée d’un titulaire ou d’une personne exerçant l’autorité

                Parentale. Pour un rapport sur leur situation à Mayotte : http://infomie.net/spip.php?article923. Mayotte est en effet confronté à un important afflux de migrants et de réfugiés (venant d’Afrique et des Comores notamment).

 

 

Rédigé par Un cahier, un crayon

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